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Planetes Athees Nouvel avatar du forum LsD
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Christophe Moreau 16CygBb

Inscrit le: 30 Mai 2006 Messages: 3719 Localisation: Argentine - Pérou - Venezuela - Equateur - Colombie - Suisse
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Posté le: Mer Mar 25, 2009 1:22 am Sujet du message: D'Holbach (1723-1789) (La contagion sacrée) |
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" Tout système religieux fondé sur un dieu si jaloux de ses droits qu'il s'offense des actions et des pensées des hommes, un dieu vindicatif qui veut qu'on défende sa cause, une telle religion, dis-je, doit rendre ses sectateurs inquiets, turbulents, inhumains, méchants par principes et implacables par devoir. Elle doit porter le trouble sur la Terre, toujours remplie de spéculateurs dont les idées sur la divinité ne s'accorderont jamais, elle doit appeler les peuples au combat toutes les fois qu'on leur dira que l'intérêt du Ciel l'exige. Mais Dieu ne parle jamais aux mortels que par des interprètes, et ceux-ci ne le font parler que suivant leurs propres intérêts ; et ces intérêts sont toujours très opposés à ceux de la société. Le vulgaire imbécile ne distinguera jamais son prêtre de son dieu. Dupe de sa confiance aveugle, il n'examinera point ses ordres, il marchera tête baissée contre ses ennemis, et sans s'informer jamais du sujet de la querelle (qu'il serait d'ailleurs incapable d'entendre), il égorgera sans scrupule ou s'exposera à mourir pour la défense d'une cause dont il n'est point instruit. Sa fureur se proportionnera néanmoins, à la grandeur du dieu qu'il croit intéressé dans la querelle. Et comme il sait que ce dieu est tout-puissant et que tout lui est permis, il ne mettra point de bornes à sa propre haine, à sa férocité : il les regardera comme des effets légitimes du zèle que son dieu doit exciter dans ses adorateurs. Voilà pourquoi les guerres de religion sont les plus cruelles de toutes. En un mot, toute âme en qui le fanatisme religieux n'a point éteint les sentiments de l'humanité, est brûlée d'indignation et déchirée de pitié à la vue des barbaries, des perfidies et des tourments recherchés que la fureur religieuse a fait inventer aux hommes. Ce fut communément au nom de Dieu et pour venger sa gloire que les plus grands forfaits se sont commis sur la Terre. Si je parcours la Terre en demandant à chacun de ses habitants ce qu'il pense de la bonté, de la justice, de la douceur, de la sociabilité, de l'humanité, de la bonne foi, de la sincérité, de la fidélité de ses engagements, de la reconnaissance, de la pitié filiale, etc, sa réponse ne sera point équivoque : chacun approuvera ces qualités, il les jugera nécessaires, il en parlera avec éloge. Mais si je lui demande, ce qu'enseignent les prêtres, ce que disent les lois et ses souverains, ce que ses usages demandent de lui : jamais nous ne pourrons nous entendre, jamais nous ne tomberons d'accord sur rien. "
D'Holbach (1723-1789) (La contagion sacrée). _________________ "La duda es uno de los nombres de la inteligencia"
"Le doute est un des noms de l'intelligence"
Jorge Luis Borges
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Camio Neptune

Inscrit le: 28 Juin 2005 Messages: 2289
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Posté le: Mer Mar 25, 2009 9:03 am Sujet du message: |
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L'intégrale de d'Holbach récemment éditée chez Coda. _________________ "Rien n’est aussi dangereux que la certitude d’avoir raison" – François Jacob, Le Jeu des possibles |
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Christophe Moreau 16CygBb

Inscrit le: 30 Mai 2006 Messages: 3719 Localisation: Argentine - Pérou - Venezuela - Equateur - Colombie - Suisse
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Posté le: Mer Mar 25, 2009 11:45 pm Sujet du message: |
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« Dire à un homme de penser comme vous, n’est-ce pas vouloir qu’un étranger s’exprime de même que vous ? Punir un homme pour ses erreurs, n’est-ce pas le punir pour avoir été éduqué différemment de vous ? Si je suis un incrédule, m’est-il possible de bannir de mon esprit les raisons qui ont ébranlé ma foi ? Si votre dieu laisse aux hommes la liberté de se damner, de quoi vous mêlez-vous ? Êtes-vous donc plus prudents et plus sages que ce dieu dont vous voulez venger les droits ? »
« Les sectateurs d’une religion qui ne prêchent en apparence que la charité, la concorde et la paix, se sont montrés plus féroces que des cannibales ou des sauvages toutes les fois que les docteurs les ont excités à la destruction de leurs frères. Il n’est point de crimes que les hommes n’aient commis dans l’idée de plaire à la divinité ou d’apaiser son courroux. »
« Mourir pour une religion ne prouve pas qu’une religion soit véritable ou divine : cela prouve tout au plus qu’on la suppose telle. Un enthousiaste, en mourant, ne prouve rien, sinon que le fanatisme religieux est souvent plus fort que l’amour pour la vie. Un imposteur peut quelquefois mourir avec courage ; il fait alors, comme on dit, de nécessité vertu. Mourir pour une opinion ne prouve pas plus la vérité ou la bonté de cette opinion, que mourir dans une bataille ne prouve le bon droit du prince aux intérêts duquel tant de gens ont la folie de s’immoler. Le courage d’un martyr enivré de l’idée d’un Paradis n’a rien de plus surnaturel que le courage d’un homme de guerre enivré de l’idée de la gloire ou retenu par la crainte du déshonneur. »
« Immolez votre raison, renoncez à l’expérience, défiez-vous du témoignage de vos sens, soumettez-vous sans examen à ce que nous vous annonçons au nom du ciel. » Tel est le langage uniforme de tous les prêtres du monde ; ils ne sont d’accord sur aucun point sinon sur la nécessité de ne jamais raisonner quand il s’agit des principes qu’ils nous présentent comme les plus importants à notre félicité !
Je n’immolerai point ma raison : parce que cette raison seule peut me faire distinguer le bien du mal, le vrai du faux. Si comme vous le prétendez ma raison vient de Dieu, je ne croirai jamais qu’un dieu que vous dites si bon ne m’ait donné la raison que pour me tendre un piège, afin de me conduire à la perdition. Prêtres ! en décriant la raison, ne voyez-vous pas que vous calomniez votre dieu, dont vous nous assurez que cette raison est un don ? »
« Le premier pas vers l’humanité est de permettre à chacun de suivre en paix le culte et les opinions qui lui conviennent. Mais cette conduite ne peut plaire aux ministres de la religion, qui veulent avoir le droit de tyranniser les hommes jusque dans leurs pensées. »
D'Holbach (1723-1789) (Le bon sens). _________________ "La duda es uno de los nombres de la inteligencia"
"Le doute est un des noms de l'intelligence"
Jorge Luis Borges
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Christophe Moreau 16CygBb

Inscrit le: 30 Mai 2006 Messages: 3719 Localisation: Argentine - Pérou - Venezuela - Equateur - Colombie - Suisse
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Posté le: Mer Mar 25, 2009 11:51 pm Sujet du message: |
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ÉDUCATION CHRÉTIENNE ~ Elle consiste à faire contracter dès l’enfance aux petits chrétiens l’habitude salutaire de déraisonner, de croire tout ce qu’on leur dit, de haïr tous ceux qui ne croient pas ce qu’ils croient. Le tout pour former à l’État des citoyens biens sensés, bien raisonnables, bien tranquilles, et surtout bien soumis au clergé.
Paul Henri Thiry D’Holbach
THÉOLOGIE PORTATIVE _________________ "La duda es uno de los nombres de la inteligencia"
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Christophe Moreau 16CygBb

Inscrit le: 30 Mai 2006 Messages: 3719 Localisation: Argentine - Pérou - Venezuela - Equateur - Colombie - Suisse
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Posté le: Mer Mar 25, 2009 11:54 pm Sujet du message: |
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Il ose se flatter que ceux des lecteurs qui liront cet examen de sang-froid reconnaîtront qu’il est très possible de douter de l’inspiration des auteurs évangéliques et de la mission divine d’un charlatan de Judée, sans cesser pour cela d’être honnête homme et raisonnable. Ceux qui pourraient s’irriter contre cet ouvrage sont priés de se souvenir que la foi est un don du Ciel, que pauvreté n’est point vice, que si les Juifs n’ont point cru aux prodiges du Christ, dont ils furent les témoins, il est très pardonnable d’en douter au bout de dix-huit siècles, surtout en trouvant ces merveilles transmises par des écrivains que le saint-Esprit n’a pas jugé à propos d’inspirer uniformément ni de mettre d’accord les uns avec les autres. »
Paul Henri Thiry D’Holbach
HISTOIRE CRITIQUE DE JÉSUS-CHRIST
ou Analyse raisonnée des Évangiles [/i][/b] _________________ "La duda es uno de los nombres de la inteligencia"
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